19. mai 2026

Phase lutéale et syndrome prémenstruel : pourquoi je me bats contre moi-même, et comment j'ai arrêté

Ça vous est déjà arrivé de vous sentir tiraillée entre deux envies complètement opposées ? D'avoir en vous une partie qui veut avancer, produire, cocher des cases, remplir une to do list, et une autre qui réclame juste le droit de souffler, de ne rien faire, d'exister sans avoir à se justifier ? D'être là, à osciller entre les deux, à vous agacer vous-même sans trop savoir pourquoi ?

C'est exactement ce qui m'est arrivé il y a quelques temps.

J'avais envie de grignoter, de me poser devant ma série préférée. J'avais des émotions en vrac, indécises, qui flottaient sans vraiment réussir à nommer ce que je ressentais. Je soufflais. Je m'agaçais toute seule. Il y avait en moi deux femmes qui voulaient des choses radicalement opposées et aucune des deux ne semblait prête à laisser la place à l'autre.

L'une voulait travailler. J'avais envie d'avancer sur mes accompagnements, mes formations, ressentir cette satisfaction d'avoir été au bout de quelques choses. Je suis un peu comme ça ... capable de fournir en trois jours ce que d'autres étalent sur un mois, et ensuite plus rien, le calme plat, la page blanche... Je fonctionne par vagues d'énergie intense, et là j'avais besoin de faire pour me sentir vivante. Utile. À ma place.

(Merci mon human design de MG 😅)

L'autre voulait une couette chaude, Netflix, manger bien gras, bien comfort food. Rentrer dans ma grotte et juste... exister, sans exiger quoi que ce soit de moi-même.

Alors évidemment j'ai passé la soirée à allumé mon ordinateur. Je l'ai refermé. Rallumé. Refermé encore.

J'étais à la veille de mes règles. En fin de phase lutéale, à ce moment du cycle où le corps se prépare à basculer vers l'écoute de soi, le repos et la sagesse intérieur. Mon corps savait et moi je ne l'écoutait pas.

Ce que le corps sait et que la tête refuse d'entendre

Il y a quelque chose de presque comique, avec le recul, dans cette image de moi en train de me battre contre moi-même. Comme si je pouvais gagner. Comme si forcer était la bonne réponse. Comme si mon corps était un obstacle.

À un moment je me suis arrêtée. Vraiment arrêtée. J'ai fermé l'ordinateur une dernière fois, je me suis allongée, j'ai posé les deux mains sur mon ventre, sur mon utérus, et j'ai respiré. Profondément. Sans chercher à aller quelque part, juste avec l'intention d'écouter cet espace de mon corps.

Et ce qui est venu, comme un message venu des profondeurs de mon être :

La femme est cyclique. Son énergie l'est tout autant. Ce que tu ressens là n'est pas un caprice, ni de la paresse, ni un manque de volonté. C'est un message. Le signe qu'il est temps de te replier, de rentrer dans ta grotte, d'honorer ce moment du cycle pour ce qu'il est vraiment. Et tant que tu continues de lutter contre toi-même, tant que tu forces à "faire" alors que tout en toi te demande "d'être", tu te déconnectes de ta propre sagesse. Tu n'habites pas ton utérus. Tu n'habites pas ta vie.

J'ai pris une grande inspiration. J'ai posé l'ordinateur. J'ai demandé à mon mari de me préparer mon hamburger frites avec amour, je me suis installée dans ma couette, et j'ai mis ma série du moment. Et pour la première fois de la journée, je n'ai pas résisté.

Ce que j'ai ressenti en arrêtant de résister

Je m'attendais à de la culpabilité. C'est presque un réflexe dès qu'on s'arrête, dès qu'on choisit le repos, cette petite voix qui commence à paniquer, qui pense manquer de temps et qui pense devoir encore faire.

Ce n'est pas ce qui s'est passé.

Ce qui s'est passé c'est une légèreté. Physique, réelle, immédiate. J'ai senti chaque bouchée de mon hamburger, qui était vraiment délicieux. J'ai senti la douceur de la couverture sur ma peau, ce contact simple que je n'avais pas pris le temps de remarquer depuis longtemps. J'étais là, ancrée dans toutes mes cellules, présente à ce moment exactement tel qu'il était. Pas dans ma to-do list. Pas dans ce que demain allait exiger de moi.

Juste là.

Pour la première fois depuis longtemps, j'ai vraiment habité mon corps.

Et c'est mon utérus qui en était l'initiatrice.

Au commencement il y a eu un mouvement

Ce qui est intéressant, et c'est là que ça rejoint ce que j'explore dans mon travail, c'est que ça n'a pas commencé par ce soir-là.

Quelques jours auparavant, j'avais réinvesti ma chambre. Ça fait un moment que j'avais pris une habitude que je n'avais même pas vraiment conscientisée, car nous avons emménagé il y a peu de temps, et que ma chambre servait de pièce fourre tout... je dormais dans le salon, et j'avais installé ma salle de bain dans les toilettes du bas où je me préparais vite fait bien fait parce que c'était plus pratique avec mon rythme de vie. Un de ces petits gestes silencieux qu'on fait sans se demander ce qu'ils disent de nous. On s'adapte, on optimise, on fait avec. Et pendant ce temps quelque chose de plus essentiel se perd sans qu'on le voie vraiment.

Un jour je me suis arrêtée et j'ai regardé ça en face. Et j'ai décidé d'enfin investir l'étage de la maison. De reprendre ma chambre, avec son lit, son espace, sa lumière. De reprendre ma vraie salle de bain, celle du haut, celle qui m'était destinée. De ne plus m'installer en transit dans ma propre maison.

En psychologie de l'habitat, le salon est l'espace de la sociabilisation, la pièce où l'on reçoit, où l'on s'expose au monde, où l'on entretient ses relations aux autres. La chambre, elle, est l'espace le plus intime de la maison. Celle du repos, de la vie affective, de l'amour de soi. Et la salle de bain est la pièce du soin, du corps, de l'image, de la façon dont on prend soin de soi au quotidien.

Sans vraiment m'en rendre compte, j'avais choisi de dormir dans l'espace des autres plutôt que dans le mien. Et de me laver dans les toilettes... un espace de décharge, l'endroit où le corps évacue ce dont il ne veut plus, comme si mon soin, mon corps, mon image ne méritaient pas mieux que ça.

Rester dans le salon jour et nuit me maintenait dans le même rôle, à la même place, toujours tournée vers les autres, toujours disponible, sans frontière claire entre ce que je donnais au monde et ce que je me donnais à moi-même. Une forme de dévotion silencieuse qui ressemblait à du sacrifice. Comme si me faire passer en priorité était une chose que je n'avais pas encore le droit de faire.

Reprendre ma chambre et ma salle de bain, c'était poser cette frontière. C'était un acte d'amour propre.

Une façon concrète de me dire : tu mérites un espace à toi. Tu mérites de t'y installer vraiment. Tu mérites d'occuper la place qui est la tienne. Que prendre soin de moi n'était pas un luxe, c'était une nécessité.

Et c'est ce mouvement dans mon lieu de vie qui a ouvert quelque chose en moi. Quelques jours plus tard j'étais capable de poser les mains sur mon ventre et d'écouter. De renouer le dialogue avec mon utérus. D'habiter mon premier foyer.

Le lieu m'a ramenée au corps.

L'utérus, premier foyer

Au commencement, avant toute maison, avant toute chambre, avant tout lieu de vie, il y a eu "L'utérus". Ce premier espace chaud et vivant qui nous a contenues avant même qu'on sache que le monde existait.

La façon dont nous habitons notre corps est un miroir de la façon dont nous habitons nos maisons.

Dans mon cas c'est le mouvement dans l'espace qui a inspiré le retour au corps. J'ai repris ma place dans ma maison et ensuite j'ai pu reprendre ma place dans mon ventre, dans mon cycle, dans mon corps.

Mais l'inverse est tout aussi vrai. Certaines femmes commencent par le corps, elles renouent avec leur cycle, elles arrêtent de lutter contre leur rythme et c'est ce mouvement intérieur qui les amène naturellement à changer quelque chose dans leur espace. Déplacer un meuble. Vider une pièce qui étouffe. Créer un espace, un temple qui leur appartient vraiment. Le corps parle, et la maison met en lumière.

Les deux chemins existent. Ce qui compte c'est de commencer quelque part.

Ce que je veux te dire

Je ne suis pas en train de te dire que la productivité c'est mal, ni que les jours de Netflix and chill sont la solution à tout.

Je te dis que nous avons toutes en nous une sagesse cyclique que la société nous a appris à ignorer. Une intelligence du corps qui sait exactement ce dont nous avons besoin et qui parle, si on accepte de faire silence pour l'entendre.

- Bon la je bascule sur un autre sujet 😅 j'en parlerai en profondeur dans un prochain article - mais tout de même... ce que j'ai vécu à ce moment là, c'est ce qui arrive quand l'archétype de l'enchanteresse, celle qui gouverne la phase lutéale, bascule dans l'excès. En équilibre, l'enchanteresse est sensible, intuitive, capable de voir ce qui ne va pas, de ressentir profondément. En excès, cette énergie se retourne contre elle-même. Elle devient agitation, besoin compulsif d'action, hyperactivité qui ressemble à de la motivation mais qui est en réalité une fuite, fuir ce qui remonte, fuir le seuil de la phase menstruelle qui approche et qui demande de tout lâcher.

J'étais dans cet excès-là. Et mon corps me demandait d'entrer dans la grotte, de laisser la femme sage prendre le relais, d'honorer ce passage vers la phase menstruelle plutôt que de le combattre.

Alors j'ai arrêté de lutter. J'ai honoré mon corps. J'ai habité mon premier foyer.

Et tout le reste a commencé à respirer.

Et toi, est-ce que tu habites vraiment les espaces qui sont les tiens ? Ton corps, ta chambre, ta vie ? Par où tu commencerais à reprendre ta place ?

Mayouly - Terra Essencia . Cercles de femmes · Breathwork · Mémoires transgénérationnelles · Psychologie de l'habitat

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